On sait maintenant que le manque répété de sommeil a une influence sur le comportement et peut avoir des conséquences néfastes : prise de poids, diabète, maladies cardiovasculaires, hypertension artérielle, troubles gastro-intestinaux, infections virales, dépression, mal de tête, baisse de motivation, difficultés d’apprentissage, décrochage scolaire, soucis professionnels...
Les besoins de sommeil diffèrent d’une personne à l’autre et d’un âge à l’autre. En moyenne, un adulte dort entre 7 et 8 heures par nuit mais il existe des « courts dormeurs » et des « longs dormeurs ». Le record minimal observé est de 3 heures 30 de sommeil par nuit. À l’opposé, certains d’entre nous ont besoin de 11 ou 12 heures. La durée idéale d’une nuit de sommeil est celle qui donne le sentiment d’être en forme et efficace dès le lendemain matin. Notre appartenance à une « catégorie » de dormeur et les particularités de notre sommeil (nombre d’heures nécessaires, durée des cycles, etc.) sont déterminées génétiquement. Les parents repèrent parfois très tôt les particularités du sommeil de leur enfant. Avec l’âge et le vieillissement, les besoins peuvent changer et la durée de sommeil raccourcir.
Pour tout le monde, le sommeil survient environ toutes les 24 heures selon un rythme assez régulier commandé par notre horloge interne,
située dans le cerveau. On parle de rythme circadien, c’est-à-dire « autour d’un jour ». Grâce à cette horloge, les rythmes biologiques
– dont celui qui ponctue l’alternance de la veille et du sommeil – s’ajustent à notre environnement, qui varie selon la lumière du soleil
et notre vie sociale.
Pour faciliter l’endormissement, rien de mieux que des horaires réguliers. Ainsi, notre corps anticipe et programme plus facilement les
mécanismes qui vont nous permettre de nous endormir. Respecter cette habitude pour le lever est encore plus important que pour le coucher
car c’est à ce moment-là que nous sommes exposés à la lumière et donc que nous apportons à notre corps le signal de remise à l’heure qui
lui est nécessaire pour synchroniser notre horloge interne.
Le sommeil n’est pas identique du coucher au réveil. Il est composé de cycles au cours desquels se succèdent sommeil léger, sommeil profond et sommeil paradoxal (période d’activité cérébrale intense pendant laquelle nous rêvons) dans une proportion qui change au fil de la nuit. En début de nuit et jusqu’à 3-4 h du matin, le sommeil profond est plus abondant. En revanche, la seconde partie de la nuit jusqu’au réveil est plus riche en sommeil léger et en sommeil paradoxal. Comme le sommeil profond est très récupérateur, c’est la première partie du sommeil qui compte « double », donc les heures avant minuit si vous vous couchez à 22 h. Mais si vous êtes plutôt « du soir » et que vous vous couchez plus tard, par exemple à minuit, le sommeil récupérateur interviendra quand même ensuite, donc après minuit...
La lumière du jour est fondamentale pour structurer nos rythmes de sommeil. Chaque jour, nos horloges biologiques se « remettent à l’heure » grâce à elle. La lumière est transmise de notre rétine à notre horloge interne, située à la base du cerveau. Celle-ci commande les rythmes de notre corps grâce à une hormone, la mélatonine, qui régularise nos horaires de sommeil. Il est donc important, quelle que soit la saison, de profiter dès qu’on le peut, et surtout le matin, de la lumière naturelle en faisant du sport dehors ou tout simplement une marche, ou bien encore en prenant un café en terrasse...
Pourquoi faut-il éviter le sport tard le soir ?
La température du corps fluctue au cours de la journée. Elle atteint son maximum vers 17 h puis diminue progressivement jusqu’au minimum thermique
(36,5 °C), qui intervient entre 3 et 5 h du matin. La vigilance est meilleure au sommet de la courbe de température corporelle, tandis que la
somnolence est plus profonde au point le plus bas. Cela explique pourquoi nous nous endormons plus facilement lorsque notre température descend.
Ainsi, une activité physique intense réalisée trop près du coucher risque de trop augmenter la température interne, ce qui peut retarder
l’endormissement. En revanche, bain chaud et exercice physique pratiqués à distance du sommeil (dans les 2 ou 3 heures qui précèdent) favorisent
la survenue du sommeil lent profond et donc améliorent la qualité du sommeil.